Le fait main dans un monde ultra rapide : un acte de résistance douce
- Lucie Eleme
- 22 déc. 2025
- 2 min de lecture

Ralentir pour mieux faire
Dans nos sociétés occidentales, tout semble devoir aller toujours plus vite : commander en un clic, recevoir en un jour, jeter aussitôt remplacé. Dans cette course permanente, choisir de fabriquer ou d’acheter un objet fait main, c’est comme décider de marcher pieds nus alors que tout le monde court en baskets ultra-performantes. C’est un geste décalé, mais profondément nécessaire. C’est une résistance douce.
Quand je travaille la terre, je suis contrainte (et heureuse de l’être) d’obéir à ses lois. Elle ne se presse pas. Si je la force à sécher trop vite, elle me punit en se fissurant. Si je la tourne sans attention, elle s’affaisse. La terre, c’est un professeur de la lenteur. Et ce temps imposé par la matière est, en soi, un acte écologique. Aller vite, en céramique, c’est produire du déchet. Aller lentement, c’est produire mieux.
Le fait main, un cycle respectueux
Dans mon atelier, rien n’est totalement perdu. L’eau qui sert à laver, à modeler, à lisser, je la récupère. Je la laisse décanter, tranquillement. L’argile retombe, l’eau redevient claire, et je la réutilise. C’est un circuit simple mais précieux. Pareil pour la terre : chaque chute est mise de côté, séchée, réhydratée, recyclée.
Je ne lance pas un four pour trois pièces, car je sais que chaque cuisson consomme énormément d’énergie. Je patiente. Je remplis le four. Je crée un rythme, pas toujours idéal pour la productivité, mais essentiel pour la cohérence de ma démarche. Le fait main comme résistance douce, c’est aussi ça : refuser de céder au "toujours plus" qui use la planète.
Un autre rapport au temps, un autre rapport au monde
Choisir une pièce faite main, c’est choisir un autre rapport au temps. C’est accepter que l’objet ait mis des jours à exister, qu’il ait traversé des étapes, qu’il porte en lui une histoire. C’est aussi accepter de payer le juste prix : celui qui rémunère le temps passé, l’énergie économisée, le geste répété, la terre recyclée.
Ce n’est pas juste un achat : c’est une forme de soutien à un autre modèle économique. Celui qui privilégie la durabilité, la qualité, la sobriété. Celui qui crée du lien entre le créateur et l’usager. Parce qu’en achetant une tasse, un bol, une assiette façonnés à la
main, on choisit un morceau de vie, pas juste un produit.
Vous souhaitez adopter cette résistance douce au quotidien en achetant du fait main ?
Je vous invite à découvrir mes pièces, toutes créées dans cette philosophie. Chaque objet a pris le temps d’exister, d’être pensé, façonné, émaillé, cuit avec soin. Un geste simple mais essentiel.




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